D'où viennent les symboles de la fête de Pâques ?

Que l'on soit chrétien ou non, chacun célèbre Pâques à sa façon. C'est l'une des principales fêtes chrétiennes, et de nombreux pays ont apporté traditions et symboles que l'on adopte sans toujours connaître leur signification. Ce jour-là, on célèbre la résurrection du Christ, après sa crucifixion, le Vendredi saint et le « passage » vers la vie éternelle. Pâques porterait ce nom car selon les Évangiles, la mort du Christ aurait eu lieu pendant la fête juive de Pessa'h.
La lumière gagne sur les ténèbres
Pâques se fête le dimanche qui suit la première pleine lune de printemps. C'est aussi la fin du solstice d'hiver et le point à partir duquel le jour devient plus long que la nuit, la lumière est donc la marque la plus significative de cette fête. Lors des cérémonies religieuses de Pâques,
la lumière est présente le soir de la vigile pascale avec
le feu pascal, la procession de la lumière et l'allumage du cierge pascal, symbole du Christ ressuscité.
L'agneau, symbole de pureté et de bonté
C'est le plus ancien des symboles de Pâques. Le mieux partagé aussi puisqu'il est également sacrifié et dégusté par les musulmans au moment de l'Aïd-el-Kebir, une quarantaine de jours après la fin du ramadan. Pour les juifs, il rappelle l'agneau sacrifié juste avant le passage de la mer Rouge par les familles fuyant l'Égypte sous la houlette de Moïse. Dans la religion chrétienne, l'agneau symbolise les vertus d'innocence, de douceur et de bonté et la soumission à la volonté de Dieu, en référence au sacrifice d'Abraham qui était prêt à sacrifier son propre fils si Dieu l'exigeait. Dans l'Évangile selon Jean, Jean le Baptiste voit Jésus venant à lui et dit : « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29). L'Apocalypse utilise 28 fois le mot « agneau » pour désigner le Christ. En Alsace, on confectionne à Pâques un gâteau en forme d'agneau pascal, le « lamala » ou « osterlämmele ». Ce biscuit en forme d'agneau, saupoudré de sucre glace, symbole de pureté et d'innocence, est censé porter chance à ceux qui le mangent.
Les cloches carillonnent de joie
Les cloches des églises ont longtemps rythmé notre vie quotidienne. Si les paroisses sonnent encore les messes dominicales, voire les heures pour certaines, on ne les entend plus du Jeudi saint au Samedi saint, juste avant Pâques. Elles sonnent ensuite à toute volée, à l'aube de Pâques, pour annoncer la Résurrection du Christ et la joie pascale. La légende raconte qu'elles partent à Rome pour être bénies et qu'elles reviennent chargées d'œufs qu'elles sèment en chemin pour les enfants sages.
Les œufs, emblèmes de vie et de renaissance
L'œuf semble avoir été l'emblème de la vie, de la fécondité et de la renaissance depuis toujours. On y associe aussi la poule et les poussins qui évoquent l'enfance et la maternité. Déjà les Perses s'offraient des œufs, il y a 5 000 ans, à l'approche du printemps. Marquant la fin du carême, période de privation alimentaire autrefois très respectée, les croyants se distribuaient les produits de leurs poules qu'ils avaient accumulés durant cette période. Depuis le XIIIe siècle, on a pris l'habitude de peindre les œufs en rouge en souvenir du sang du Christ. À partir de la Renaissance, les œufs de poule ont été remplacés dans les cours royales par des œufs en or ! Ce genre de précieux présents connaît son apogée au 19e à la cour de Russie avec les œufs du joaillier Fabergé. Quant aux œufs en chocolat, ils sont très récents ! Le chocolat, friandise par excellence, apparut à la cour de Louis XIV et fut longtemps un mets de luxe. On commença par couler du chocolat dans une coquille d'œuf vide au 18e siècle. Puis au XIXe siècle, leur fabrication fut simplifiée par le développement de moules en fer de différentes formes. Il ne restait plus qu'à l'industrie à adopter cette tradition pour doper la consommation.
D'où viennent lièvre, lapin ou poisson ?
Si la tradition veut que ce soit les cloches qui ramènent les œufs dans les pays latins, ce sont les lapins blancs qui s'en chargent dans les pays germaniques ou les lièvres dans les pays anglo-saxons, car ils symbolisent le printemps, le renouveau et la fertilité. Dans ces pays, les enfants font de petits nids en espérant que les lapins les garnissent d'œufs de toutes sortes ! Parfois aussi, ce sont les coucous ou les cigognes qui garnissent les nids comme en Alsace ou en Suisse.
Quant au poisson, quoique étant le symbole des premiers chrétiens, il semble que ce soit les chocolatiers qui l'aient adopté, sans doute en référence au premier avril souvent proche des fêtes pascales, pour varier les formes des moules et les plaisirs chocolatés.
Claudine Lavorel

Mais en fait, Pâques c’est à quelle date ?
Le calcul de la date de Pâques est toujours complexe et change chaque année. Ainsi la fête tombe le premier dimanche suivant la première pleine lune ecclésiastique de printemps. La pleine lune ecclésiastique ne correspond pas forcément à la pleine lune astronomique. De plus, Pâques doit impérativement tomber entre le 22 mars et le 25 avril. La définition ecclésiastique actuelle de la date de Pâques est celle adoptée en l’an 325 par le concile de Nicée, convoqué par l’empereur romain Constantin : « Pâques est célébré le dimanche qui suit le quatorzième jour de la Lune qui atteint cet âge au 21 mars ou immédiatement après. »Au quatorzième jour
Le quatorzième jour de la lune étant le jour de la pleine lune et le 21 mars correspondant à la date de l’équinoxe de printemps, cette définition est souvent traduite de la manière suivante : Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine lune de printemps. Cette seconde définition est trompeuse car elle laisse entendre que la date de Pâques est le résultat d’un calcul astronomique basé sur la détermination de l’équinoxe de printemps et de la première pleine lune suivant cet équinoxe. En réalité, le calcul de la date de Pâques se fait à l’aide d’un calendrier perpétuel lunaire utilisant une lune moyenne fictive. La pleine Lune ecclésiastique peut différer de la pleine lune réelle d’un ou deux jours. L’Église ne tient donc pas compte du mouvement réel de la lune mais utilise une lune fictive mais régulière pour son calcul des dates de fêtes religieuses mobiles. Cette méthode de calcul porte le nom de « comput ecclésiastique ».
À découvrir à la cathédrale de Strasbourg
L’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg est un joyau technologique. Une machine qui rappelle que le mot ingéniosité contient le mot génie. Car cette mécanique-ci atteint une perfection mathématique qui confine à la magie. Cette horloge extraordinaire ne se contente évidemment pas de donner l’heure. Elle possède aussi un « comput ecclésiastique », remonté une fois par an à la manivelle, dans la nuit de la Saint-Sylvestre. Cette horloge calcule le jour de Pâques et les autres fêtes mobiles. Elle contient un calendrier perpétuel et un globe céleste, elle indique les équations solaires et lunaires, les mouvements des planètes et les phases de la Lune. À noter que le globe céleste est doté de deux axes : l’un effectue un tour en 23 heures 56 minutes et 4 secondes, et l’autre l’effectuera… en 25 800 ans !
C. L.