Publié le 24/03/2020 à 04:00 / Christophe Ledoux

Confinement

Alors que de nombreux syndicats, tant d'agriculteurs que de commerçants, défendent le maintien des marchés alimentaires, le gouvernement a tranché le débat par l'interdiction.

Saisi par le syndicat Jeunes Médecins, le juge des référés du Conseil d'Etat s'interroge sur le maintien en fonctionnement des marchés ouverts tel que décidé par le Gouvernement.
© journal L'Agriculture Drômoise

Saisi par le syndicat Jeunes Médecins, le juge des référés du Conseil d'Etat s'interroge sur le maintien en fonctionnement des marchés ouverts tel que décidé par le Gouvernement. Leur ordonnance du 22 mars lui enjoint de préciser la portée ou de réexaminer certaines des dérogations au confinement aujourd'hui en vigueur et notamment le maintien des marchés ouverts.

« Le maintien en fonctionnement des marchés ouverts, sans autre limitation que l'interdiction des rassemblements de plus de cent personnes, paraît autoriser dans certains cas des déplacements et des comportements contraires à la consigne générale », indique le Conseil d'Etat. Dès lors, le juge des référés demande au Gouvernement de prendre, dans les 48 heures, les mesures sur les risques pour la santé publique du maintien des marchés ouverts, compte tenu de leur taille et de leur niveau de fréquentation

Le gouvernement tranche le débat par l'interdiction

Alors que de nombreux syndicats, tant d'agriculteurs que de commerçants, défendent le maintien des marchés alimentaires, le gouvernement a tranché le débat par l'interdiction. «Nous avons pris la décision de fermer les marchés», a indiqué le Premier ministre Édouard Philippe le 23 mars lors du journal télévisé de TF1. L'application sera effective dès le mardi 24 mars. Il précise toutefois qu'une dérogation sera possible, donnée par le préfet sur demande du maire de la commune qui souhaite «organiser un marché selon des règles strictes».

Le 22 mars, le conseil d'Etat avait enjoint le gouvernement «dans les 48 heures» à «évaluer les risques pour la santé publique du maintien en fonctionnement des marchés ouverts, compte tenu de leur taille et de leur niveau de fréquentation» (lire ci-dessus). Il estimait que le «fonctionnement des marchés ouverts (...) paraît autoriser dans certains cas des déplacements et des comportements contraires à la consigne générale». Un peu avant ces annonces, Monique Rubin, présidente de la Fédération nationale des marchés de France, interrogée par Agra Presse, estimait que 30% des marchés hebdomadaires ont été interdits depuis le début du confinement.

FNSEA et JA appellent à promouvoir les produits français

«Mettons en avant les produits agricoles français!», lancent la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) dans un communiqué le 23 mars. Les syndicats majoritaires citent la fraise et l'asperge, pénalisées par les «conséquences indirectes de la crise sanitaire du Covid-19» (difficultés logistiques, manque de main-d'oeuvre, fermeture des restaurants). Sont aussi concernés l'agneau et le chevreau de Pâques, qui se distinguent par «une commercialisation à 80% saisonnière». «De multiples contacts ont été pris ce week-end et nous avons obtenu l'engagement des principales enseignes de faire la promotion des produits français dans leurs rayons et dans leurs supports publicitaires», se félicitent la FNSEA et les JA. Pour l'agneau, «Intermarché et Auchan ont donné leur accord de principe ce week-end», précise Michèle Boudoin, présidente de la FNO (éleveurs ovins, FNSEA), à Agra Presse. «Les distributeurs ont bien compris le message et jouent globalement le jeu», juge-t-elle. «Nous serons vigilants pour mesurer que chaque acteur assume sa part de responsabilité», préviennent toutefois la FNSEA et les JA dans leur communiqué.

Mots clés : CORONAVIRUS MARCHÉ PLEIN AIR