Publié le 11/07/2019 à 06:05 / Christophe Ledoux

Sinistre climatique

Trois semaines après l'orage de grêle dévastateur du 15 juin, le point sur les actions engagées et à venir avec Jean-Pierre Royannez, président de la chambre d'agriculture.

Jean-Pierre Royannez, président de la chambre d'agriculture de la Drôme et de l'association Solidarité agricole Drôme.
© journal L'Agriculture Drômoise

Après l'orage dévastateur du 15 juin, rappelez-nous les actions entreprises pour aider les agriculteurs sinistrés.
Jean-Pierre Royannez : « Avec les organisations professionnelles agricoles et le ministre de l'Agriculture, nous étions sur le terrain dès le lendemain pour constater et alerter de la gravité des dégâts. Le président de la Région, la présidente de la FNSEA ainsi que le vice-président de l'APCA1 sont également venus. Dans un premier temps, notre but était de sensibiliser largement sur l'ampleur exceptionnelle du sinistre. Cela a notamment permis de mobiliser très vite des aides de la Région et du Département ainsi que d'activer les missions d'enquête du fonds des calamités agricoles. Par ailleurs, des équipes techniques de la chambre d'agriculture ont conseillé les arboriculteurs et les viticulteurs dans la conduite de leurs cultures endommagées. Et des réunions de conseils sur la Pac ont été organisées afin que les exploitants sinistrés soient en règle en cas de contrôle. De plus, par l'intermédiaire d'une juriste de la FDSEA, des conseils ont été donnés aux employeurs de main-d'œuvre. Enfin, pour expliquer de vive voix les mesures en place et surtout recenser les besoins spécifiques afin de rechercher des solutions, les agriculteurs sinistrés ont été conviés à deux réunions organisées par la chambre d'agriculture, la FDSEA et JA, les 4 juillet à Génissieux et le 10 à Châteauneuf-sur-Isère (voir encadré). »

 

Quel bilan dressez-vous après plus de trois semaines ?

Jean-Pierre Royannez, président de la chambre d'agriculture de la Drôme et de l'association Solidarité agricole Drôme.
© journal L'Agriculture Drômoise

J-P. R. : « Les pertes de fonds ont été évaluées dans le cadre des missions d'enquête de la DDT, ce qui permet d'ouvrir un dossier de demande de reconnaissance au titre du fonds des calamités agricoles. La Région a validé une aide de solidarité de six millions d'euros. Chaque département touché par le sinistre estime à présent ses pertes. Pour la Drôme, elles atteindraient quelque 70 millions d'euros avec plus de 700 exploitations concernées. Ces estimations serviront à répartir l'enveloppe régionale. De son côté, le Département de la Drôme a annoncé 1,2 million d'euros comprenant 900 000 euros d'aide à l'investissement (pour les agriculteurs mais aussi pour les communes) et 300 000 euros d'aides de solidarité et d'accompagnement technique. »

 

Vous avez aussi relancé l'association Solidarité agricole Drôme2, que vous présidez. Dans quel but ?
J-P. R. : « Créée en 2003 lors de la grande sécheresse et canicule, cette association permet de collecter des fonds puis de les utiliser avec réactivité et ciblage afin d'aider les agriculteurs sinistrés à passer le cap. La fondation Carrefour nous a contactés et a validé une enveloppe de 100 000 euros. Et j'ai proposé à la présidente du Département de s'appuyer sur Solidarité agricole Drôme pour l'aide à la solidarité. Ce qu'elle a accepté à hauteur de 200 000 euros sur les 300 000 prévus. Ces partenaires seront bien entendu associés aux décisions concernant les critères de répartition qui restent à définir. Par ailleurs, des citoyens ont indiqué vouloir aider l'agriculture, ce qui est possible en adressant des dons à l'association Solidarité agricole Drôme, dont le siège se situe à la chambre d'agriculture de la Drôme. J'ajoute qu'une collecte de fonds sera prochainement lancée via la plateforme de financement participatif Miimosa. »

 

Face à la pénurie de paille, vous appelez les céréaliers à faire preuve de solidarité.
J-P. R. : « La disponibilité en paille est l'une des problématiques évoquées lors des réunions de terrain. Après les sécheresses de ces dernières années, les stocks sont faibles. Et la grêle a anéanti des milliers d'hectares de céréales. Il manque donc beaucoup de paille dans le département. Nous avons ainsi appelé l'ensemble des céréaliers à ne surtout pas broyer la paille cette année afin de la mettre à la disposition des éleveurs. Cet acte de solidarité est nécessaire. »

Propos recueillis par Christophe Ledoux

VIDEO DE L'INTERVIEW EN CLIQUANT ICI

 

(1) APCA : association permanente des chambres d'agriculture.

(2) Solidarité agricole Drôme : créée par la FDSEA, JA et la chambre d'agriculture. Son siège se situe au 145 avenue Georges Brassens, 26500 Bourg-lès-Valence.

Interview à retrouver en vidéo sur www.agriculture-dromoise.fr

 

Sur le terrain / Suite aux dégâts de l'orage de grêle du 15 juin, chambre d'agriculture, FDSEA et JA de la Drôme ont organisé deux réunions locales.

Deux réunions pour recenser les besoins spécifiques

A Génissieux, Grégory Chardon (président de la FDSEA), Jean-Pierre Royannez (président de la chambre d'agriculture) et d'autres représentants d'organisations agricoles ont mis l'accent sur l'indispensable travail de recensement des besoins afin de répondre le mieux possible aux agriculteurs sinistrés.
Pour les exploitants sinistrés par l'orage de grêle du 15 juin, les problématiques sont multiples et souvent très spécifiques. C'est ce qui ressort des réunions organisées par la FDSEA, JA et la chambre d'agriculture, le 4 juillet au soir à Génissieux puis le 10 à Châteauneuf-sur-Isère. Les responsables de ces organisations, accompagnés de conseillers, sont venus écouter les agriculteurs et recenser leurs besoins. Ils ont également expliqué le travail réalisé depuis le lendemain de l'orage destructeur et fait un point sur les mesures d'aides déjà annoncées (lire interview ci-dessus).
Les témoignages poignants ont confirmé non seulement l'ampleur du désastre mais aussi la diversité des besoins. La nécessité d'un traitement des dossiers au cas par cas a été soulignée.
Un travail complémentaire pour identifier plus précisément les besoins d'urgence va être mené dans les prochains jours avec l'aide d'un questionnaire facile à remplir, envoyé à l'ensemble des agriculteurs des zones concernées.