Publié le 24/01/2019 à 06:00 / Béatrice Dupin

Consultation

Le président des chambres d'agriculture appelle son réseau à participer au grand débat national lancé par le président de la République. Toutefois, les responsables professionnels souhaitent éviter que l'agriculture soit concernée. Le débat a, selon eux, déjà eu lieu durant les États généraux de 'alimentation. Une position partagée par le ministre de l'Agriculture.

Le président de la République Emmanuel Macron lors du lancement du grand débat national à Grand-Bourgheroulde en Normandie, le 15 janvier.

 «En agriculture, le grand débat a eu lieu aux États généraux de l'alimentation, dont nous attendons désormais l'application », a lancé Sébastien Windsor, président de l'Acta (le réseau des instituts techniques agricoles) et membre du bureau de l'APCA (chambres d'agriculture), lors des vœux à la presse, le 15 janvier. « Nous sommes dans le temps de l'action, et non plus de la réflexion », a-t-il ajouté.
Le président de l'APCA, Claude Cochonneau, a complété en invitant « son réseau à participer » au débat en précisant qu'il n'avait pas, cependant, vocation à l'organiser. L'APCA n'a pour l'instant pas arrêté de « stratégie particulière » durant ces débats, a-t-il noté, mettant en avant qu'il s'agit d'un évènement encore récent. Une position partagée par la FNSEA qui a été reçue par le Premier ministre Édouard Philippe le 11 janvier, en compagnie d'une grande partie des syndicats de salariés et d'employeurs. La FNSEA participera aux débats « à tous les niveaux : local, départemental et national », mais « de manière citoyenne », indique la présidente du syndicat, Christiane Lambert. Elle portera plus particulièrement la « voix des actifs et des retraités agricoles, parmi les plus pauvres de France ».
« En tant que structure représentant des employeurs agricoles, nous avons aussi des choses à dire sur le dialogue social, une réalité vécue chez nous, signale Christiane Lambert. Nous avons appelé le gouvernement à prendre en compte les corps intermédiaires, sous-considérés depuis le début du quinquennat, afin de retrouver du dialogue dans notre pays ».

« Cette année, ce sera le Salon du grand débat »

L'édition 2019 du Salon de l'agriculture se déroulera du 23 février au 3 mars, soit en plein grand débat national. « Cette année, ce sera le Salon du grand débat », a d'ailleurs déclaré le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume à l'occasion de la présentation, le 15 janvier, de la prochaine édition du Salon.
Un calendrier qui ne semble pas déranger les organisateurs du SIA : « L'intérêt du Salon, c'est de maintenir le dialogue, c'est un lieu de débats, a expliqué son président, Jean-Luc Poulain. Nos concitoyens exigent de nous des choses sans arrêt renouvelées, et nous devons dire que l'agriculture est une industrie lourde, qui ne fait pas de tournants à angles droits. Nous avons besoin de l'expliquer aux Français. » Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume s'est déclaré « favorable à une place spécifique de l'agriculture » car « l'agriculture est consubstantielle de la ruralité, mais nous n'allons pas refaire la politique agricole dans ce débat ». Son cabinet précise que le ministre souhaite surtout que les agriculteurs participent aux débats afin de pouvoir modérer d'autres prises de position qui pourraient porter sur l'agriculture et l'alimentation. Le ministre a prévu de s'exprimer lui-même sur le thème de l'agriculture dans le cadre de ce grand débat, a-t-il annoncé. « Mais aucune frange ne pourra imposer quelque chose au reste de la société », a-t-il prévenu, semblant faire allusion à la fois aux Gilets jaunes et aux attaques de militants vegans. Le ministre a par ailleurs annoncé un « thème » pour sa présence sur le Salon : « Ensemble contre l'agri-bashing, et je mettrai en avant tout ce qui se fait de positif en agriculture. » 

Agrapresse
- M. R. et F. C.

Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et Jean-Luc Poulain, président du SIA. « L’agriculture est consubstantielle de la ruralité, mais nous n’allons pas refaire la politique agricole dans ce débat », a indiqué Didier Guillaume.

Pratique / Un grand débat jusqu’au 15 mars

Le président de la République a lancé, dans une lettre aux Français, le début du grand débat annoncé depuis plusieurs semaines. Il se déroulera jusqu’au 15 mars, et une synthèse sera réalisée en avril. Tous les citoyens comme les associations, les syndicats ou les mairies peuvent organiser une ou des « réunions d’initiatives locales » sur leur territoire. Les mairies sont invitées à aider à la logistique en fournissant une salle à l’organisateur.
Depuis le 21 janvier, les contributions des Françaises et des Français peuvent être directement déposées sur le site granddebat.fr. « Des stands de proximité sont prévus dans des lieux de passage du quotidien », ajoute le gouvernement. Et enfin, à partir du 1er mars, des « conférences citoyennes régionales » seront organisées, « associant des Français tirés au sort dans chaque région à des représentants de diverses parties prenantes ». Le gouvernement propose quatre thèmes : « la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’État et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté ».

Mots clés : CONSULTATION PUBLIQUE EMMANUEL MACRON GRAND DÉBAT