Publié le 04/01/2019 à 06:00 / Béatrice Dupin

INNOV’ACTION

Des outils nécessitant peu d’investissement peuvent être utilisés pour évaluer la biodiversité des sols en vue d’en améliorer la fertilité.

Au total, une cinquantaine de personnes a participé, dont un groupe du lycée du Valentin. Outre les outils destinés à mieux connaître son sol, un focus a été fait sur l’intérêt du compostage et les bonnes pratiques d’amélioration de la fertilité des sols.

Marie-Pascale Couronne, conseillère à la chambre d’agriculture de la Drôme, a animé plusieurs démonstrations.

C'est à Saint-Paul-lès-Romans, sur les terres de l'EARL Neyron, que Valence Romans Agglo (dans le cadre des ses actions pour la préservation de la qualité des eaux des captages des plaines de Valence-Romans), la chambre d'agriculture de la Drôme ainsi qu'Agribiodrôme ont proposé, le 27 novembre, une journée Innov'Action autour des outils pour mieux connaître son sol. Un lieu qui n'avait pas été choisi au hasard. Il y a quelques temps, Bernard Neyron, a en effet souhaité mettre en place des indicateurs afin d'évaluer la biodiversité des sols, au regard de ses pratiques agricoles. Ainsi, différents outils ont été présentés (voir ci-après), lesquels nécessitent pas ou peu d'investissements. « Une bêche, un tracteur, un chargeur télescopique... », énumère Bernard Neyron. Accompagnée par la société romanaise Biodi'vert, l'exploitation étudie aussi les pollinisateurs sauvages présents sur les parcelles. Un travail autour des haies est également mené.

L'acide chlorydrique

Le test à l'acide chlorhydrique permet d'évaluer la teneur en calcaire d'un sol. Concrètement, si aucune petite bulle ne se dégage lorsqu'est déposé l'acide sur le sol, celui-ci est acide à neutre. Lorsque quelques bulles sont visibles et audibles, le sol est légèrement calcaire. Si l'effervescence est jugée « moyenne » (les bulles formant une couche continue simple), le sol est calcaire. Si on note plusieurs couches superposées de bulles, ou une réaction instantanée très vive, le sol est alors très calcaire. Lors d'une démonstration, Marie-Pascale Couronne, conseillère à la chambre d'agriculture de la Drôme, a rappelé que cet outil ne donnait en revanche aucune indication sur l'acidité. « On n'a aucune donnée pour le pH. Concernant le calcaire actif, la luzerne va aimer, l'arboriculture beaucoup moins », a-t-elle fait remarquer. Elle a également insisté sur la prudence à respecter pour cette manipulation.

Le pénétromètre

Pour construire un pénétromètre, prenez une tige métallique de 1 m de long (diamètre de 8 mm environ), un morceau de tige de 2 à 3 cm (d'un diamètre de 3 à 4 mm, supérieur à la tige principale) afin de réaliser l'obus de pénétration, et d'un élément pour réaliser la poignée. Sur la tige, marquer des repères tous les 5 cm en partant du bas.
Enfoncé perpendiculairement et progressivement dans le sol, l'outil permet de repérer des zones de tassement d'un sol, et notamment demesurer la profondeur du niveau compacté. Marie-Pascale Couronne a rappelé que le pénétromètre était intéressant en sols limoneux mais impossible à utiliser en sols caillouteux. La conseillère a aussi mentionné qu'il s'agissait d'un outil de comparaison relative à un instant donné.

Le test bêche

Il s'agit ici d'extraire un bloc de terre de 20 x 20 x 20 à 40 cm de profondeur, afin de regarder la structure globale - et interne - des mottes. L'exploration du bloc par les racines, ainsi que le devenir des résidus et produits organiques incorporés sont également observables. Cependant, l'observation se limite souvent aux trente premiers centimètres du sol.

Le mini-profil 3D

La réalisation d'un profil cultural à la mini-pelle n'est pas toujours facile à faire et est souvent destructeur. Le mini-profil 3D offre un bon compromis entre le test bêche et un profil classique. Il permet d'observer les phénomènes de compactage sur les horizons travaillés (ou juste sous-jacents) et d'apprécier la colonisation par les racines à hauteur d'homme. À Saint-Paul-lès-Romans, un télescopique a creusé à 50 cm afin de dégager une motte de terre.

Le test du slip

Si vous avez des slips en coton bio, profitez-en. Ces derniers pourront en effet vous aider à estimer le niveau d'activité biologique du sol, au travers de l'intensité des phénomènes de dégradation et de minéralisation de la matière organique dans le sol.
Méthodologie : peser le slip puis l'installer verticalement dans une tranchée de 10 à 15 cm de profondeur. Bien recouvrir. Laisser le slip enterré au moins deux à trois mois. Le déterrer et le laver à l'eau claire. Le sécher puis le peser et constater visuellement le degré de dégradation.

Un slip enterré pendant deux mois.

Le test de stabilité à l'eau

Là encore, la procédure est assez simple à réaliser. Le résultat est également très visuel. Développés depuis plusieurs années, ces tests de stabilité à l'eau mettent en évidence l'effet de l'activité biologique sur la stabilité structurale des sols sensibles. Concrètement, il suffit de plonger une motte de terre (sèche) dans de l'eau. Si elle se tient, c'est plutôt bon signe... Sa résistance dépend de sa texture ainsi que de l'activité biologique du sol. En effet, les micro-organismes libèrent des substances agglomérantes qui stabilisent les agrégats. 

A. T.

Mots clés : FERTILITÉ DES SOLS CHAMBRE D AGRICULTURE DROME INNOV ACTION TEST DU SLIP PÉNÉTROMÈTRE