Publié le 13/09/2018 à 11:45 / Béatrice Dupin

CÉRÉALES

On trouve une diversité croissante de triticale, pour une céréale principalement cultivée à des fins d’autoconsommation, notamment en élevage bovin. Ces dernières années des nouveautés ont fait leur apparition avec des critères agronomiques, de productivité, de qualité intéressants. Le potentiel de rendement évolue constamment, mais se paie assez souvent par une perte de rusticité sur les maladies ou la verse, dans un contexte où les races de champignons évoluent. Le classement vis-à-vis des maladies est donc en perpétuelle évolution. Enfin, l’intérêt de cette espèce réside dans son potentiel de production de paille (+ 50 % par rapport à un blé), critère toujours recherché par les éleveurs.

Quelle variété choisir pour le triticale ?

En 2018, sept nouvelles variétés ont été inscrites : brehat, ramdam, RGT bivouac, RGT kadjac, rivolt, vivier,
volko.
Les variétés de référence (depuis trois ans et plus)
Les pourcentages de rendement indiqués dans les commentaires correspondent aux écarts mesurés par rapport aux variétés présentes 4 ans dans les essais.

• Bikini (Lemaire Deff - 2016) : À 105 % bikini présente un très bon potentiel depuis 3 ans. Bons critères qualitatifs associant un bon PS à une très bonne teneur en protéines (supérieure de 0,8 point par rapport aux variétés qui présentent le même niveau de rendement). Cette variété est très précoce, elle ne doit pas être semée tôt. Bikini montre une bonne tolérance globale aux maladies qui se traduit par de faibles écarts entre parcelles traitées et non traitées avec des fongicides. A noter une très bonne tolérance à la rouille jaune. En revanche, bikini est assez sensible à l'oïdium et à la rouille brune. Cette variété présente de nombreux atouts : un bon potentiel et des critères qualitatifs et agronomiques sans défauts majeurs. Surveiller sa sensibilité à l'oïdium.

• Elicsir (Caussade semences - 2014) : potentiel proche de la moyenne des témoins. PS et teneur en protéines sont d'un bon niveau. Bonne tolérance au risque de présence de mycotoxines (DON). Variété demi-précoce à demi-tardive qui montre une bonne tolérance globale à l'ensemble des maladies, à l'exception de la rouille jaune. Bonne tolérance à la verse. Malgré un potentiel moyen, elicsir présente de bons atouts qualitatifs et agronomiques. Rouille jaune à surveiller.

• Jokari (Lemaire Deff – IT 2014) :
À 101 % des témoins cette variété européenne présente un potentiel correct. Très bons critères qualitatifs qui associent un bon PS à une très bonne teneur en protéines. Variété très précoce qui montre une très bonne tolérance globale aux maladies avec de faibles écarts entre parcelles traitées fongicides et non traitées. A noter une très bonne tolérance à la rouille jaune. En revanche, jokari est assez sensible à la rouille brune. Sensibilité à la verse dans la moyenne. Avec un potentiel correct, des critères qualitatifs d'un bon niveau et une bonne tolérance à la rouille jaune, cette variété présente de bons atouts.

• Kereon (Florimond Desprez – 2010) : résultats en retrait pour cette campagne. Sur 4 ans, kereon est légèrement inférieur à la moyenne (98 % des témoins). Bon PS et teneur en protéines dans la moyenne. Variété demi-précoce montre une forte sensibilité à la rhynchosporiose. Elle présente une particularité sur son comportement face à la rouille jaune avec une sensibilité au stade jeune (début montaison) qui s'atténue ensuite fin montaison. Kereon présente une sensibilité à la verse dans la moyenne. Variété à potentiel correct, qui possède un bon PS. Sensibilité rhynchosporiose et rouille jaune à surveiller.

• Tribeca (Florimond Desprez – 2008) : potentiel dans la moyenne. Malgré une inscription datant de 10 ans, cette variété n'est pas dépassée. PS assez faible
(- 1,8 point par rapport à la moyenne générale) et assez faible teneur en protéines. De plus, tribeca est sensible à la germination sur pied (note Geves 2). Variété précoce. Tribeca est peu sensible aux rouilles mais montre une forte sensibilité à l'oïdium et à la rhynchosporiose. Sensibilité à la verse dans la moyenne. Elle présente un potentiel correct. Sa qualité en retrait (PS, protéines, germination sur épi), et sa sensibilité à l'oïdium constituent des handicaps.

• RGT eleac (RAGT - 2016) : potentiel régulier et proche de la moyenne.
Son faible PS est son principal point faible (- 3,1 points par rapport à la moyenne générale). Teneur en protéines dans la moyenne. Sensible au risque DON.
Variété demi-précoce qui montre une bonne tolérance globale aux maladies. RGT eleac est moyennement sensible à la verse. Présente un potentiel correct et une bonne tolérance globale aux maladies. Son faible PS constitue son plus fort handicap.

• RGT ruminac (RAGT - 2016) : potentiel proche de la moyenne générale. PS assez faible (- 1,7 point par rapport à la moyenne générale). Teneur en protéines dans la moyenne. Sensible à la germination sur pied (note Geves 2). Variété demi-précoce à demi-tardive qui montre une très bonne tolérance globale aux maladies avec de faibles écarts entre parcelles traitées fongicides et non traitées (le plus faible écart du réseau). A noter une très bonne tolérance aux rouilles et à l'oïdium. Sensibilité à la verse dans la moyenne. RGT Ruminac présente des faiblesses (PS, sensibilité germination sur épi). Sa tolérance aux maladies constitue son principal atout.
Les variétés récentes (testées depuis deux ans)
• Kasyno (Secobra - 2017) : À 104 % kasyno présente un bon potentiel depuis 2 ans. PS correct et bonne teneur en protéines. Elle montre une forte sensibilité au risque de mycotoxines DON, ce qui impose d'éviter les précédents maïs. Variété demi-tardive qui est assez sensible à l'oïdium. Très bonne tolérance à la verse. Elle présente un bon potentiel et de bons critères qualitatifs et agronomiques, à l'exception d'un fort risque DON. Sensibilité oïdium à surveiller.

• RGT Omeac (RAGT - 2017) : confirme son potentiel à 106 %. Excellents critères qualitatifs : son PS (+ 3,7 points par rapport à la moyenne générale), et sa teneur en protéines (supérieure de 1 point par rapport aux variétés qui présentent le même niveau de rendement). sont les meilleurs du réseau. Variété précoce qui montre une bonne tolérance globale aux maladies à l'exception d'une sensibilité à la rouille brune. Assez sensible à la verse. De sérieux atouts (potentiel, PS, protéines, sensibilité maladies). Surveiller la verse.
Les variétés nouvelles (inscrites en 2018)
• Brehat (Florimond Desprez – 2018) : bon potentiel (106 %) pour cette première année d'expérimentation.PS et teneur en protéines sont dans la moyenne. Variété demi-précoce qui montre une très bonne tolérance à l'ensemble des maladies.
En fin de campagne 2018, suite aux fortes pluies, des attaques de Microdochium sur feuilles ont pu la pénaliser ponctuellement. Sensibilité à la verse dans la moyenne. Brehat présente un bon potentiel associé à une bonne tolérance aux maladies et des critères qualitatifs sans défauts.

• Ramdam (Agri obtentions – 2018) : très bon potentiel (109 %) pour cette première année d'expérimentation. PS assez faible
(- 2,1 points par rapport à la moyenne générale) et teneur en protéines dans la moyenne. Variété demi-précoce. Elle est moyennement sensible à la rouille jaune, et elle montre une sensibilité à l'oïdium. Bonne tolérance à la verse. Ramdam montre un très bon potentiel, avec quelques défauts (PS, sensibilité oïdium). Sensibilité rouille jaune à surveiller.

• RGT bivouac (RAGT - 2018) : assez bon potentiel à 104 % des témoins. Faible PS (- 2,8 points par rapport à la moyenne générale) et faible teneur en protéines. De plus, elle est sensible à la germination sur pied (note Geves 2). Variété demi-précoce à demi-tardive qui montre une très bonne tolérance aux rouilles. En revanche, elle est sensible à la rhynchosporiose, et assez sensible à l'oïdium. Sensibilité à la verse dans la moyenne. Potentiel intéressant mais présente des faiblesses qualitatives (PS, protéines, sensibilité germination sur épi), et une sensibilité à l'oïdium à surveiller.

• RGT kadjac (RAGT - 2018) : potentiel décevant pour cette première année à 99 % des témoins. PS assez faible, mais bonne teneur en protéines. Variété précoce qui montre une bonne tolérance à l'oïdium et à la rouille jaune. En revanche RGT kadjac est très sensible à la rhynchosporiose. Forte sensibilité à la verse. Son potentiel décevant associé à un PS assez faible et sa forte sensibilité à la verse constituent de sérieux handicaps.

• Rivolt (Agri obtentions – 2018) :
le meilleur potentiel du regroupement à 113 % des témoins. PS assez faible, mais bonne teneur en protéines. Variété précoce qui montre une bonne tolérance à l'oïdium, mais une forte sensibilité à la rouille jaune et à la rhynchosporiose. Très bonne tolérance à la verse. Son fort potentiel associé à une très bonne tolérance à la verse sont de sérieux atouts. En revanche, la lutte contre les maladies doit être suivie avec attention, en particulier sur rouille jaune.

• Vivier (Florimond Desprez – 2018) : potentiel légèrement supérieur à la moyenne des témoins (102 %). PS et teneur en protéines proches de la moyenne. Variété demi-précoce qui montre une assez bonne tolérance globale aux maladies foliaires. Elle est sensible à la verse. Elle présente un potentiel moyen, et une absence de défauts qualitatifs ou agronomiques à l'exception d'une sensibilité à la verse.

• Volko (Agri obtentions – 2018) : bon potentiel (106 % des témoins) pour cette première année d'expérimentation. PS et teneur en protéines sont dans la moyenne. Variété demi-tardive qui montre une très bonne tolérance aux maladies et à l'oïdium en particulier. Bonne tolérance à la verse. Volko présente un bon potentiel associé à des critères qualitatifs sans défauts et des caractéristiques agronomiques favorables. 
Yves Pousset,
Arvalis - Institut du végétal

Mots clés : CÉRÉALES TRITICALE CHOIX VARIÉTAL