Publié le 05/07/2018 à 06:00 / Annie Laurie

Aléa climatique

La forte pluviométrie de mai-juin a provoqué d'importants dégâts sur la production drômoise de cerises. Une mission d'enquête vient d'en faire le constat.

Pluies excessives et cerises : les dégâts évalués

Une pluviométrie dépassant les 200 millimètres (mm) enregistrée dans le Sud-Drôme de la mi-mai à la mi-juin. Autant en trois jours fin mai à Loriol, dont un orage de plus de 100 mm. A Granges-lès-Beaumont, ce sont 160 mm de pluies en six jours au cours des douze premiers jours de juin pour un total de 160 mm auxquels s'ajoutent 70 mm en fin mai, soit un cumul de 230 mm en une vingtaine de jours... Ces chiffres ont été donnés lors d'une mission d'enquête, le 27 juin. Dans la délégation qui s'en est chargée, conduite par la direction départementale des territoires (DDT), étaient associés des représentants de la chambre d'agriculture et d'autres organisations agricoles. Cette délégation a dressé un constat des dégâts causés sur les cerises et écouté les témoignages de producteurs. Elle s'est d'abord rendue dans les Baronnies, à l'EARL Saint Jean (exploitation d'Olivier Brun) à Sahune et dans ses vergers à Montréal-les-Sources. Elle s'est ensuite déplacée à l'EARL Chareyre Fruits à Loriol. Puis elle est allée au Gaec de l'Ardoise (Francis Malossanne) à Châteauneuf-sur-Isère et à l'EARL Les Andrillots (Régis Courtial) à Granges-les-Beaumont. Enfin, la mission s'est terminée dans le Nord-Drôme, à l'EARL Pouenard Philippe à Beausemblant.

  

Des dommages considérables

Exceptionnellement, du fait de la durée de la période pluvieuse et de l'importance des précipitations, toute la saison de cerises a été touchée et pas seulement quelques variétés comme certaines années. Aussi, les dommages sont considérables. L'épiderme des cerises s'est fripé, puis elles ont pourri sur les arbres, explique Sandrine Roussin, élue la chambre d'agriculture de la Drôme qui a participé à cette mission d'enquête. De 50 à 95 % des fruits sont restés sur les cerisiers, précise-t-elle. Et quantité de ceux cueillis se sont dégradés après récolte.
De surcroît, ces conditions humides ont été favorables à drosophila suzukii (qui pond ses œufs dans les fruits, les rendant inconsommables). Et les arboriculteurs n'ont pu protéger leurs cerises contre cette drosophile, les pluies les empêchant de traiter ou lessivant les insecticides appliqués. Mais la production restée sur les arbres constitue des foyers de maladies de conservation. Donc, à faire tomber pour éviter des contaminations en 2019 et des frais s'ajoutant à la perte de récolte. Pour certaines exploitations, la situation sera économiquement compliquée, déplore Sandrine Roussin.

Annie Laurie

 

Mots clés : MISSION D'ENQUÊTE ALÉA CLIMATIQUE DÉGÂTS DE PLUIES EXCESSIVES SUR CERISES