Publié le 10/06/2018 à 19:35 / Béatrice Dupin

blocage des raffineries

Alors que se prépare une mobilisation syndicale de grande ampleur à partir de dimanche soir, le point avec Grégory Chardon et Sébastien Richaud, respectivement président de la FDSEA et président de JA 26.

Mobiliser pour « mettre la pression sur le gouvernement »

A l'appel de leurs organisations nationales FNSEA et JA, les fédérations départementales préparent une mobilisation de grande ampleur pour faire pression sur le gouvernement. Trois points de blocage sont prévus dans notre région à partir de dimanche soir. Les adhérents de la FDSEA et de JA de la Drôme, avec ceux de plusieurs autres départements, bloqueront à partir de dimanche soir la raffinerie de Feyzin, au sud de Lyon.
« Notre mobilisation a pour but de défendre notre modèle agricole familial, aujourd'hui remis en question par des décisions incompréhensibles du gouvernement, expliquent Grégory Chardon, président de la FDSEA de la Drôme, et Sébastien Richaud, président des Jeunes Agriculteurs de la Drôme. Nous voulons dénoncer de nouvelles distorsions de concurrence et exprimer avec ampleur nos revendications (voir ci-dessous). »
Charges sociales, ZDS
« Les agriculteurs drômois doivent se sentir très concernés alors que le gouvernement projette de supprimer l'exonération de charges sociales pour les travailleurs occasionnels (dispositif TO/DE), ajoute Grégory Chardon. Pour les employeurs agricoles drômois, cela représente près de 18 millions d'euros d'allègement de charges. Le maintien de ce dispositif est nécessaire pour rester compétitifs, d'autant plus après la fin du CICE. »
Grégory Chardon et Sébastien Richaud évoquent aussi le dossier des zones défavorisées simples (ZDS). « En Drôme, une soixantaine d'exploitations sont concernées par la révision du zonage, ce qui représente plus de 374 000 euros de perte d'aides. Nous demandons la réintégration de communes. A défaut, des mesures d'accompagnement financières sont absolument indispensables pour les exploitations impactées. »
Importation, glyphosate, loup, EGA
Sébastien Richaud évoque également les effets négatifs des accords de libre échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), mais aussi le Ceta (accord économique avec le Canada). « Ce n'est plus possible d'imposer aux agriculteurs français des normes sans cesse plus drastiques alors que notre pays continue d'importer des produits qui ne respectent pas les normes en vigueur chez nous. » Le président des JA cite aussi le glyphosate, prônant une réglementation uniforme dans toute l'Union européenne lorsque des alternatives à ce produit seront disponibles. Quant au loup, autre sujet de colère, il demande un plan qui préserve d'abord le pastoralisme, avec davantage de tirs de prélèvement.
Par ailleurs, Grégory Chardon et Sébastien Richaud souhaitent, dans la suite des Etats généraux de l'alimentation (EGA), un dispositif législatif permettant aux agriculteurs d'obtenir enfin une meilleure valorisation de leurs productions agricoles.
Tous deux appellent donc à une mobilisation massive des agriculteurs drômois pour « mettre la pression sur le gouvernement » (voir également en vidéo l'interview de Michel Joux et Nicolas Merle).

 

Quatre revendications principales 

1 - La France doit protéger ses paysans et ses modes de production, par la loi, pour mettre fin aux distorsions de concurrence induites par des accords commerciaux bilatéraux. « Nous demandons une interdiction d’importer tout produit ne correspondant pas aux standards de production français », indiquent la FNSEA et les JA.
2 - Face à l’amoncellement intolérable de charges, est demandé une consultation systématique du Corena (comité des normes en agriculture) pour réaliser des études d’impact en cas de nouvelles réglementations. Pour la FNSEA et les JA, « aucune loi ni évolution réglementaire ne doit générer de nouvelles charges et aucune norme ne doit être créée sans une étude d’impact complète ! Le gouvernement doit s’appuyer sur le contrat de solutions. »
3 - Stopper le dumping social et garantir une concurrence saine, notamment au sein de l’Europe.
« Nous demandons un allègement du coût du travail pour permettre aux employeurs agricoles d’être compétitifs par rapport à leurs concurrents européens et nous demandons la majoration des exonérations TO/DE pour compenser la perte du CICE », expliquent les deux syndicats.
4 - Les plans de filières doivent déboucher sur la mobilisation de moyens d’investissement pour les exploitations agricoles et répondre aux objectifs initiaux des EGA d’amélioration du revenu des agriculteurs. FNSEA et JA demandent ainsi à l’Etat « d’impulser une dynamique au niveau national s’appuyant sur le niveau territorial et les plans de filière élaborés par les interprofessions. Et ce, afin qu’un plan soit remis au ministre de l’Agriculture en décembre ». Des exemples sont donnés : complémentarité culture et élevage, énergie et alimentation... 

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