Publié le 13/05/2018 à 06:00 / Béatrice Dupin

AGROALIMENTAIRE

Propiac-les-Bains est une commune agricole, avec ses oliviers ou encore ses vignes. Mais ce village des Baronnies tire aussi sa renommée de ses sources minérales, réputées depuis l’Antiquité. Le village s’appelait d’ailleurs « Propita Aquae ». Comprenez : les eaux propices. En 2016, le groupe Monte-Bacco a pris en location-gérance l’activité d’embouteillage. Et ce dernier veut insuffler une nouvelle dynamique.

La société produit et commercialise deux eaux minérales. L’une est plate, l’autre pétillante. Des bouteilles qui sont pour l’heure vendues sur place mais aussi en région parisienne. Le réseau de distribution est amené à évoluer.

A Propiac-les-Bains, près de Buis-les-Baronnies, les hauts bâtiments de l'ancien établissement thermal sont toujours debout. Mais lorsque l'on pénètre sur le site, force est de constater que cela fait bien longtemps que personne n'y est entré. En témoigne le silence et le calme qui y règnent. Seule l'usine d'embouteillage, située à quelques pas, continue périodiquement de fonctionner.

Les bâtiments de l’ancienne station thermale - aujourd’hui à l’abandon - demeurent sur les hauteurs du village. Celle-ci a définitivement fermé ses portes en 1985.
 La ligne de conditionnement des bouteilles est entièrement automatisée. Elle reste toutefois contrôlée par une équipe sur place. Des recrutements ne sont pas à exclure si l’activité venait à se développer. Ce qui est toutefois l’objectif du groupe Monte-Bacco.

Station thermale et usine d'embouteillage

L'eau La Française a été reconnue par l'Académie de médecine en 1843. Pendant cent ans, et jusqu'en 1945, la source située dans la montagne sera exploitée dans une station thermale. On y traitait notamment l'obésité et les maladies de l'appareil digestif. Une activité qui reprendra en 1968. Lors de cette même année, une usine d'embouteillage est également créée. Si les thermes ont définitivement fermé leurs portes en 1985, la vente d'eau minérale en bouteilles est quant à elle toujours restée d'actualité. Une affaire qui est désormais entre les mains du groupe Monte-Bacco, celui-ci ayant repris l'activité d'embouteillage en location-gérance depuis juillet 2016.
Un groupe tourné dès ses débuts vers la production, l'assemblage et le négoce de vins. Mais son fondateur, Christophe Dominici, était aussi attiré par le marché de l'eau. « C'est un amoureux de la nature, un terrien, un passionné », indique Françoise Faisant, directrice marketing et communication du groupe. D'autant plus que l'eau de Propiac est par ailleurs très intéressante au niveau gustatif avec son goût salé, ce qui peut être une belle complémentarité par rapport au vin. Cette eau - calcique, magnésienne et très fortement minéralisée - reste par ailleurs bénéfique pour le régime de l'adulte. « C'est une eau dite "thérapeutique". Elle est également très bonne pour la récupération des sportifs. Si elle a été reconnue par l'Académie de médecine en 1843 et par le ministère de la Santé en 1979, il n'y a pas d'étude sur le sujet. On ne peut donc pas totalement le revendiquer », précise Françoise Faisant.

Investissements et nouveau packaging

L'eau de Propriac est disponible en deux références : l'une est plate, l'autre est gazeuse. « La gazeuse va masquer le goût. Cela va en faire une eau plus agréable à boire. Les bulles, persistantes et douces, vont perdurer tout au long de la dégustation », ajoute Françoise Faisant.
En 2017, seules 130 000 bouteilles ont été produites (chiffre d'affaires de 80 000 euros). « Le site est en déclin depuis 2012. On a produit ici jusqu'à des millions de cols », raconte une salariée. « L'usine a une capacité annuelle de 10 000 millions de bouteilles. Mais lors des premiers mois, nous avons choisi de revoir le packaging et avons choisi d'investir dans le renouvellement de matériels et les normes de sécurité », explique Françoise Faisant. Il faut dire que le marché de l'eau est très concurrentiel mais aussi en constante évolution. De plus en plus de personnes achètent de l'eau pour leur consommation au quotidien. Les périodes de canicules participent aussi à ces achats.
En matière de matériels, l'usine drômoise n'a pas à pâlir. Sur une surface de 1 900 m2 cohabitent une souffleuse, une rinceuse, une remplisseuse, une étiqueteuse, un palettiseur, etc. Le nom évocateur de « La Française » n'a, quant à lui, pas changé. Une force sur laquelle le groupe Monte-Bacco compte bien s'appuyer pour développer cette eau. Sur le marché français bien sûr mais également à l'export.

Sur ce cliché, une bouteille d’eau estampillée « La Française ». L’eau gazeuse est conditionnée en bouteille PET de1,25 litre ; 1,5 litre pour la plate. Si l’étiquette a évolué au fil des années, la forme de la bouteille est restée la même.

La volonté de se développer

Pour l'heure, au regard du nombre de bouteilles commercialisées, le site ne fonctionne pas en continu. Lorsque nous nous sommes rendus sur place, fin mars, la dernière production datait du mois de janvier. Un stock est ainsi constitué. Et en fonction des commandes, l'usine peut être amenée à redémarrer. Son développement est d'ailleurs désormais l'une des priorités. Si les habitants peuvent acheter des bouteilles sur place, d'autres sont commercialisées auprès de Franprix, à Paris et en région parisienne. Un travail est actuellement mené afin de trouver de nouveaux opérateurs.
Des visites pour les scolaires peuvent être organisées. L'entreprise est également sollicitée pour sponsoriser des événements locaux (course, tournois de pétanque, trail, etc.). Une opportunité pour se faire connaître mais aussi distribuer de l'eau. « On est vraiment ouverts pour faire redécouvrir l'eau La Française à tout ceux qui l'ont connu. Nous recevons par exemple des courriels de consommateurs qui cherchent à l'acheter, dans différentes régions de France. C'est très valorisant mais aussi frustrant car on ne peut pas, selon les régions, répondre favorablement à leurs demandes », poursuit-on.
Un autre axe stratégique de développement reste la restauration et la possibilité de commercialiser des bouteilles en verre. Dans les années 1975, l'unité de production était alors située sous les thermes et de tels produits avaient déjà été distribués. Ce choix permettrait aussi d'asseoir cette eau comme un véritable produit premium. À vrai dire, c'est déjà un peu le cas pour ceux qui croient en ses vertus thérapeutiques. 

Aurélien Tournier

 

 

Mots clés : SUD DRÔME PROPIAC EAU PÉTILLANTE ET EAU PLATE LA FRANÇAISE