Publié le 25/01/2018 à 10:40 / Béatrice Dupin

Vergers écoresponsables

Accusés et pointés du doigt dans les médias, les producteurs de pommes, fiers de leurs pratiques, mettent en place un plan de communication de grande ampleur.

Les pomiculteurs prônent la « communication positive »

Après avoir souvent communiqué « en réaction », pour répondre aux attaques des ONG et (ou) des « émissions télévisées à charge », les pomiculteurs de l'Association nationale pommes poires (ANPP) ont décidé de prendre les devants et de montrer aux consommateurs qu'ils n'ont pas à avoir peur de s'empoisonner en mangeant des pommes. En 2018, l'ANPP compte bien poursuivre dans cette voie et mise sur un plan de communication ambitieux visant, notamment, à augmenter encore la notoriété du label « vergers écoresponsables ».
Pour ce faire, elle promeut l'identification de fruits en rayon dans les supermarchés et a planifié deux campagnes télévisées. La première a démarré en novembre dernier avec le parrainage de l'émission Télématin, sur France télévision. La seconde a lieu en ce mois de janvier, avec la diffusion de petits spots de parrainage de l'émission L'Amour est dans le pré, sur M6. Une démarche que salue le directeur de l'interprofession des fruits et légumes, Louis Orenga. Interfel suit d'ailleurs le même mouvement à travers le partenariat mis en place avec le programme court
« E = M6 » pour montrer les bienfaits des fruits et légumes frais et vanter la production française.

Média training

L'ANPP souhaite par ailleurs faire de ses producteurs de véritables porte-paroles qui s'expriment eux-mêmes dans les médias. En 2017, quinze producteurs ayant participé à l'opération « vergers ouverts » ont bénéficié de formation en média training. Des producteurs sont également allés sur les plateaux de télévision pour parler de cette opération. Une productrice, Lise Timmerman, a même participé à un débat face à un membre de Greenpeace dans l'émission de France 5 « La quotidienne ». L'exercice a été salutaire car la représentante de Greenpeace a reconnu les qualités environnementales de la démarche « vergers écoresponsables ». « Pour s'adresser aux consommateurs, il faut se baser sur des exemples précis, explique Lise Timmerman. Moi j'ai parlé des mésanges dans les vergers, de la confusion sexuelle pour lutter contre le carpocapse. »

Rétablir l'équilibre

Le discours est d'autant mieux perçu s'il est incarné. Et qui mieux qu'un producteur pour parler de son travail en étant crédible ? Même si les producteurs de pommes savent qu'il y aura toujours des gens obtus et réfractaires au discours positif, ils souhaitent rétablir un équilibre dans la parole médiatique. « Avant, il y avait 100 discours négatifs pour zéro discours positif. Aujourd'hui, on est à 100 contre 20 ou 30. Le but est d'arriver à égalité, ou même de prendre le dessus », explique Louis Orenga. Mais il reste encore du chemin à faire pour que la parole des producteurs soit aussi bien accueillie que celle des détracteurs de l'agriculture. Car pour faire le buzz, les discours anxiogènes sont hélas bien plus efficaces que les discours positifs. 

Mots clés : CAMPAGNE DE COMMUNICATION VERGERS ECO RESPONSABLE POMICULTEURS