Publié le 11/08/2017 à 06:00 / Christophe Ledoux

Accompagnement en agriculture bio

Aux producteurs bio et ceux projetant une conversion, la chambre d'agriculture de la Drôme propose un appui technico-économique via plusieurs dispositifs, dont certains sont nouveaux.

La chambre d'agriculture de la Drôme a développé un accompagnement de l'agriculture bio sous différentes formes collectives et individuelles.
© journal L'Agriculture Drômoise

Comment passer son exploitation en agriculture biologique ? Peut-elle être convertie facilement ? De quelles aides puis-je bénéficier ? Comment améliorer les performances de mon exploitation ? A l'attention des agriculteurs bio ou ayant un projet de conversion et donc se posant ce genre de questions, la chambre d'agriculture de la Drôme a développé un accompagnement sur mesure, sous plusieurs formes.

Une « rencontre info bio »

La première démarche à entreprendre est de contacter le Point accueil bio, explique le conseiller spécialisé grandes cultures bio à la chambre d'agriculture, Jean Champion. Une assistante orientera l'agriculteur vers le conseiller filière adéquat. S'il s'agit d'une conversion, il lui proposera un premier rendez-vous individuel, appelé « rencontre info bio » (Rib), et (ou) une formation. Lors de la Rib - qui est une nouveauté - seront donnés des informations sur la réglementation, les démarches administratives, les aides.

Une formation conversion

Jean Champion, conseiller spécialisé grandes cultures bio à la chambre d'agriculture de la Drôme.
© journal L'Agriculture Drômoise

Collective et sur trois jours, la formation à la conversion vient en parallèle. Au minimum, une session par an est programmée. C'est selon les demandes. Si elles sont nombreuses, des sessions peuvent être organisées par filière de production. « L'objectif de cette formation est double, précise Jean Champion. D'une part, la formation balaie tous les aspects de la conversion. D'autre part, il s'agit de créer un groupe d'échange entre producteurs. C'est intéressant car les réponses aux questions que se posent certains peuvent être constructives pour d'autres. »
La première demi-journée de la formation est dédiée à l'historique et l'organisation de l'agriculture bio, aux aspects administratifs, démarches de demande d'aides, calendrier de conversion. Une autre demi-journée est consacrée à la réglementation bio (cahier des charges) et au processus de certification. Un organisme certificateur intervient. Les techniques de production sont traitées pendant une journée entière. Elles le sont en profondeur et par filière avec un conseiller de la chambre d'agriculture. « La formation s'adapte aux profils des participants », indique Jean Champion. Ces aspects-là sont abordés en salle puis, en complément, sur l'exploitation d'un agriculteur ayant une longue expérience de l'agriculture bio. Là aussi, la ferme est choisie en fonction des participants à la formation. Les aspects économiques, eux, sont évoqués sur une demi-journée avec un metteur en marché de coopérative. Enfin, sur une dernière demi-journée, les participants reviennent sur leur projet, font le point sur son état d'avancement, les informations qui leur manquent sur le plan technique et réglementaire, les besoins d'accompagnement futur.

Des études de faisabilité et de projet

Les agriculteurs sortant de la formation peuvent aller plus loin dans l'étude de leur projet de conversion en bio avec deux dispositifs. L'un est une étude de faisabilité (auparavant appelée étude d'orientation). C'est un état des lieux des pratiques de l'agriculteur et l'identification des changements à mettre en œuvre pour passer en bio, des indicateurs économiques essentiels, atouts et contraintes de l'exploitation par rapport au projet.
L'autre dispositif, c'est l'étude de projet (l'ex-diagnostic de conversion bio). Plus poussée que l'étude de faisabilité, elle analyse les conséquences du passage en bio de l'exploitation sur le plan technico-économique. En outre, elle propose un ou plusieurs scénarios possibles en termes d'ateliers de production, de conversion partielle ou totale de l'exploitation. « Elle donne une vision plus précise de l'impact de la conversion sur son exploitation », note Jean Champion.

Suivi de conversion, conseil individuel

La chambre d'agriculture propose deux autres services nouveaux. L'un est le « suivi de conversion bio ». Il s'agit d'un accompagnement personnalisé assuré par l'un de ses conseillers filière. Il est destiné à aider l'agriculteur à optimiser ses pratiques sur le plan technique et (ou) économique. L'autre est le « conseil individuel producteurs bio ». C'est la même prestation mais pour les agriculteurs déjà en bio.

Accompagnement de groupes

Enfin, un service a été développé pour avancer collectivement sur des problématiques communes avec l'appui d'un conseiller. « Il s'agit de créer des groupes d'échange entre producteurs bio, explique Jean Champion. Nous en avons mis deux en route cette année en grandes cultures en partenariat avec des outils économiques. L'un sur le thèmes des engrais verts en interculture courte et l'autre sur l'itinéraire technique du maïs semence bio. »
Côté financement, une partie du coût de ces prestations est prise en charge par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le Département de la Drôme. « Cela va dans le sens du développement de l'agriculture biologique. Ainsi, le tarif est abordable pour les agriculteurs », observe Michel Baude, élu de la chambre d'agriculture en charge du bio.

 

Pour plus de détails sur cette offre d'accompagnement de l'agriculture biologique, contacter le Point accueil bio (au 04 75 82 40 15) ou consulter le site internet de la chambre d'agriculture de la Drôme (www.synagri.com/drome).

 

Point de vue / La vision de Michel Baude, élu chambre d'agriculture de la Drôme, sur l'accompagnement que celle-ci propose aux producteurs bio ou porteurs de projet de conversion.

« Une offre de services complète »

Michel Baude souligne l'intérêt de l'accompagnement bio développé par la chambre d'agriculture.
Installé depuis 1981 à Châteaudouble, Michel Baude s'est lancé dans l'agriculture bio en 1999. Il est en EARL avec son épouse. L'exploitation compte 65 hectares (dont 5 irrigables) de céréales, luzerne, soja, maïs en bio et un élevage caprin en conventionnel.
Michel Baude est l'élu chargé de l'agriculture biologique au sein de la chambre d'agriculture de la Drôme. A propos de l'accompagnement bio que celle-ci a développé, il observe : « Elle a une compétence dans toutes les filières et des conseillers spécialisés. Les études de faisabilité et de projet sont intéressantes pour celui qui veut changer de pratiques. Passer du conventionnel au bio est une aventure, un pas à franchir. L'appui de la chambre d'agriculture n'est pas de trop. Il est sécurisant : avoir un technicien au bout du fil ou sur le terrain est appréciable. La conversion est une période clé : toutes les pratiques culturales doivent être revues. L'appui technique est donc très important à ce moment-là. Les formations collectives apportent des informations pointues sur des thèmes techniques choisis en fonction des besoins des agriculteurs. Et l'accompagnement de groupe favorise les échanges d'expériences. L'offre de services de la chambre d'agriculture est complète. Tous les outils sont là pour accompagner la conversion, pérenniser son exploitation et les filières bio. »

 

Témoignage / Jérémy Gatta a fait appel à la chambre d'agriculture pour accompagner la conversion en bio de la partie végétale du Gaec du même nom.

Un soutien « sécurisant »

« Jean Champion nous conseille et apporte un œil extérieur », explique Jérémy Gatta.
© journal L'Agriculture Drômoise
Jérémy Gatta est en Gaec avec son père, Jean-François, et son oncle, Denis, à Montmaur-en-Diois depuis mars 2013. Ce jeune agriculteur de 33 ans estime que le bio est « un bon créneau ». L'exploitation, en polyculture-élevage, compte 114 hectares et 80 vaches laitières. « Elle est sur un modèle extensif, proche du bio », précise Jérémy. Mais la Sodiaal, qui en collecte le lait, n'est pas intéressée par la production bio sur ce secteur. Alors Jérémy a décidé de s'orienter vers une autre production. Son choix s'est porté sur l'aviculture, « après avoir lu dans L'Agriculture Drômoise une annonce de la coopérative Valsoleil cherchant des éleveurs de poules pondeuses bio », explique-t-il. Son projet - un poulailler de 18 000 places avec sept hectares de parcours - en est à ses débuts (phase administrative). Et l'exploitation est passée en bio sur sa partie végétale en avril dernier.
Des conseils, un œil extérieur
En janvier, Jérémy a rencontré Christel Nayet, conseillère spécialisée en élevage bio à la chambre d'agriculture, qui l'a renseigné sur la conversion et les démarches à entreprendre. Puis il a pris rendez-vous avec Jean Champion, conseiller spécialisé grandes cultures bio, qui a réalisé une étude de projet. « Pour le diagnostic, on est parti sur un système proche du nôtre avec un seul scénario mais plusieurs possibilités de rotation, indique Jérémy. Et de noter encore : « On ne peut pas faire un copié-collé du conventionnel. Jean a de l'expérience en bio. Il nous conseille techniquement sur les pratiques culturales, l'acquisition de matériels, nous aiguille, apporte un œil extérieur. Après, je vais demander le suivi de conversion puis continuerai à me faire accompagner. C'est sécurisant et le coût est abordable. »
Mots clés : BIO CHAMBRE D'AGRICULTURE DRÔME ACCOMPAGNEMENT DE L'AGRICULTURE BIOLOGIQUE