Publié le 28/01/2017 à 06:00 / Béatrice Dupin

TOURISME

L'ancien monastère de Sainte-Croix est devenu dans les années 1970 un centre d'accueil international. Près de 6 000 nuitées ont été comptabilisées en 2015 et 2016. Les touristes, originaires du monde entier, peuvent profiter du cadre mais aussi de mets locaux.

Un ancien monastère enraciné dans son territoire

A Sainte-Croix, il est un lieu apprécié pour la qualité des paysages de montagne, sa tranquillité, la convivialité mais aussi les produits locaux qui y sont servis quotidiennement. Il s'agit bien évidemment de l'ancien monastère. Construit au XIIe siècle, à la croisée du Diois et de la vallée de Quint, la bâtisse abrite aujourd'hui un centre d'accueil international.

Produits de saison et circuits courts

Ce lieu, propriété de l'association laïque « Le monastère de Sainte-Croix », est géré depuis mars 2015 par une société coopérative d'intérêt collectif (Scic). Cette dernière positionne le lieu comme un véritable outil de développement local. « Nous voulions ouvrir la gouvernance, ouvrir le projet aux différents acteurs comme les communes, les salariés, les clients ou encore les fournissieurs », explique Caroline Ligouy, sa présidente. Parmi les membres du conseil d'administration figurent quelques agriculteurs. « Il s'agit d'un intérêt collectif. Tous les membres défendent le projet et avancent avec lui. Beaucoup de producteurs sont sociétaires. L'objectif est d'ouvrir la structure à l'année. Pour eux, c'est travailler plus », précise encore Frédéric Sauvage, le directeur.
En 2014, les producteurs locaux représentaient 68 % des fournisseurs. Une part qui s'élevait à 80 % en 2016. La Scic s'approvisionne aujourd'hui auprès d'une quinzaine de producteurs locaux et mise avant tout sur les produits de saison. « C'est une évidence pour nous que de faire appel à des producteurs locaux, il y a un sens, une cohérence avec l'économie locale, indique Frédéric Sauvage. Nous sommes dans une vallée, l'une des premières en ce qui concerne l'agriculture biologique. Nous avons des produits de qualité à proximité, nous les valorisons. L'objectif est de se fournir à moins de 30 kilomètres. » Les fromages, légumes, confitures, fruits, vins, miels ou encore les agneaux viennent donc de ce périmètre.

L'ancien monastère de Sainte-Croix a été construit au XIIe siècle. 
Près de 6 000 nuitées ont été comptabilisées en 2016.

De nombreux producteurs

La collaboration avec les producteurs va bien au-delà de la simple livraison d'une marchandise. Certains agriculteurs font en effet partie de commissions. « On travaille par exemple sur l'amélioration de la qualité, des produits, de l'accueil », souligne d'ailleurs Frédéric Sauvage. La Scic s'intéresse aussi à leur façon de travailler. « On sait comment les agriculteurs travaillent. L'agriculture peut par exemple être raisonnée ou bio. Il y a également des visites chez les producteurs, ainsi que des dégustations », indique-t-il aussi.
Oda Schmidt et Jochen Haun produisent des fromages de chèvres à Vachères-en-Quint. « C'est un super projet à côté de chez nous. Nous sommes sociétaires », précise ce dernier. Lors de la saison estivale, ils peuvent vendre jusqu'à 150 fromages par mois. Les éleveurs apprécient aussi le contact avec les touristes, qui ne se limite pas à l'assiette. « Ils viennent nous voir sur les marchés. Lorsqu'ils font des randonnées, ils passent à la ferme pour voir les animaux », poursuit-il. Parfois, les visiteurs s'arrêtent aussi dans des domaines viticoles. « Après le dîner, des touristes viennent voir nos caves. Nous sommes à 200 mètres », note pour sa part Thomas Achard, producteur de clairette de Die à Sainte-Croix.
Depuis l'an dernier, la coopérative compte parmi ses fournisseurs un nouveau producteur de viande de cochon ainsi qu'un maraîcher nouvellement installé. « Nous sommes obligés de faire appel à plusieurs producteurs. La topographie du Diois est particulière, c'est montagnard. Il y a de petits producteurs avec de petites parcelles. Un fournisseur ne peut pas être exclusif, il faut qu'il garde des produits pour les marchés », explique encore Frédéric Sauvage.

À la recherche d'autres produits

Durant les prochaines semaines, la structure compte se mettre à la recherche de producteurs de fruits (abricot et pêches notamment), ainsi que d'œufs bio. Quelques contacts sont d'ores et déjà établis. Mais certaines denrées manquent encore à l'appel. La part des 20 % restante concerne notamment le riz ou certaines céréales. « Nous nous approvisionnons auprès de magasins de producteurs ou de coopératives. Les produits viennent du sud de la France ou d'Europe », indique-t-il.
Le budget annuel de la structure est de 250 000 euros ; 40 000 euros sont consacrés à l'alimentation. Depuis 2015, près de 6 000 nuitées sont comptabilisées. Outre assurer un hébergement, le lieu est également un espace artistique et des artistes y élisent résidence. Des expositions ainsi que des concerts sont aussi organisés. La nouvelle saison débutera fin mars. 

Aurélien Tournier

 

TRAVAUX / La charpente de l'édifice est actuellement totalement reprise. Des portes ouvertes seront organisées ce 28 janvier.

Un chantier participatif mené cet hiver

Depuis le 31 octobre, une entreprise ainsi que plusieurs bénévoles s'affairent autour de la vieille bâtisse. Si l'établissement touristique est fermé, ces derniers sont - pour leur part - chargés de réaliser quelques travaux, et notamment la reprise complète de la charpente, l'isolation et la couverture. « C'est l'entreprise SAS Bérard qui assure le chantier avec une dimension participative : des bénévoles prêtent main forte et recoivent une formation de la part des membres de l'entreprise », précise la structure. Caroline Ligouy (présidente) ajoute que l'entreprise Bérard a été créée par d'anciens compagnons du devoir. « Entre huit et douze bénévoles peuvent être présents selon les phases », note-t-elle encore. Ce chantier doit être terminé au printemps.
Des portes ouvertes sont toutefois organisées samedi 28 janvier, dès 9 heures, afin de présenter le chantier de la toiture, ainsi que le projet de développement de l'ancien monastère. Caroline Ligouy, Frédéric Sauvage (directeur de la Scic), Alain Guillet (coordinateur de la Scic) et Thomas Bérard (directeur de la société éponyme) interviendront tour à tour pour apporter des explications. Toute la journée, des stands, diaporamas, exposition de photographies, visionnage de vidéos, démonstrations ou encore ateliers manuels seront proposés. L'événement se clôturera à 17 heures. Renseignements au 04 75 21 22 06 et sur le site internet www.le-monastere.org
A. T.
Débuté fin octobre, le chantier devrait se terminer au printemps.
Mots clés : MONASTERE SAINTE CROIX DIOIS TOURISME CHANTIER PARTICIPATIF