Publié le 22/09/2016 à 12:00 / Béatrice Dupin

ENVIRONNEMENT

Le diagnostic du schéma d'aménagement et de gestion des eaux (Sage) pour le Bas-Dauphiné et la plaine de Valence a été adopté le 15 septembre dernier.

De gauche à droite : Eric Mounier, Patricia Brunel-Maillet, Bernard Perazio et Martine Vincenot (vice-présidente de la CLE chargée des commissions territoriales Drôme des Collines et plaine de Valence). Etaient excusés les vice-présidents Emmanuelle Anthoin...

A la quasi-unanimité. Le 15 septembre, à Châteauneuf-sur-Isère, les 70 membres de la Commission locale de l'eau (CLE) se sont réunis afin d'adopter le diagnostic du schéma d'aménagement et de gestion des eaux (Sage), concernant le bas Dauphiné et la plaine de Valence. Une nouvelle étape, qui présente les enjeux et les préoccupations quant à la ressource en eau et ses usages dans un périmètre défini. Et dans ce cas précis : 140 communes en Drôme et Isère, 2 000 km2 et 324 000 habitants. Une trentaine d'enjeux - regroupés en trois thématiques - ont ainsi été identifiés : préserver l'équilibre qualitatif pour préparer et garantir les développements futurs ; lutter contre les pollutions ; et préserver les milieux aquatiques reliés aux eaux souterraines.
Avant la validation du Sage, prévue en 2020, le chemin reste toutefois important. Il faudra en effet choisir les scénarios, une stratégie ou encore rédiger le document. Des actions de communication seront également menées sur la démarche entreprise. À terme, l'objectif est double : satisfaire les besoins en eau de tous, sans porter atteinte à l'environnement.
Les agriculteurs, premiers consommateurs
L'eau est une ressource précieuse et vitale, à gérer de manière raisonnée et raisonnable. Elle est aussi l'affaire de tous. C'est dans ce contexte que tous les usagers (agriculteurs, syndicats d'irrigation, industriels, associations environnementales, services de l'État, etc.) sont représentés au sein de cette instance. « Un sage pour tous porté par tous », tient d'ailleurs à préciser Patricia Brunel-Maillet, présidente de la CLE et vice-présidente du Département de la Drôme. Avec la consommation de 79 millions de m3 par an (dont 66 dans les eaux de surface), les agriculteurs restent toutefois les premiers consommateurs. L'eau potable représente quant à elle 26 mm3 par an, en intégralité dans les eaux de surface. Les industriels, enfin, consomment 5 mm3 par an.
Une réalité dont a conscience Eric Mounier, élu à la chambre d'agriculture de la Drôme. « Avec plus de 80 % de la consommation, les agriculteurs sont les plus gros consommateurs. L'agriculture est d'ailleurs un poids économique important, avec la mise en place de filières, de circuits courts, etc. La plaine de Valence est reconnue pour ses productions, comme en particulier les semences, déclare-t-il notamment. Nous sommes très dépendants de l'irrigation. Bien sûr, il faut sécuriser l'existant. Mais tout en ne masquant pas qu'il y ait des évolutions à faire. Le monde agricole continue d'évoluer au fil des années. »
Consom'acteurs
Le Sage permettra d'identifier des solutions pour optimiser la gestion de l'eau. « Nous pourrions bénéficier de financements, pour construire des retenues collinaires par exemple », précise Bernard Perazio, vice-président de la CLE chargé de la commission territoriale Sud Grésivaudan, et vice-président du Département de l'Isère, qui se veut très optimiste pour les mois à venir. Tout comme Eric Mounier. « L'agriculture va relever de nouveaux défis, note-t-il. Lorsque la qualité de l'eau s'est dégradée, nous avons mis en place des choses qui ont porté leurs fruits. Le Sage va permettre d'apporter des moyens pour avancer dans le bon sens. Diverses ressources sont déjà utilisées, comme les réseaux collectifs d'irrigation ou encore les forages individuels qui appartiennent aux agriculteurs. Nous avons de grandes difficultés à mettre en place des retenues collinaires. Il s'agit pourtant d'une nécessité. Ce sont des ouvrages importants et gourmands financièrement. Mais de petites retenues pourraient permettre à des secteurs de se développer. Le non accès à l'irrigation est un frein. » 
A. T.

Mots clés : SAGE IRRIGATION BAS DAUPHINE PLAINE DE VALENCE