Publié le 29/06/2017 à 06:00 / Béatrice Dupin

Salon professionnel

La sixième édition du salon Tech&Bio aura lieu les 20 et 21 septembre sur les terres du lycée agricole Le Valentin, à Bourg-lès-Valence. A trois mois de l'ouverture, le thème de l'évènement a été dévoilé.

Le 21 juin dans les locaux de la Région à Alixan, a été présentée la sixième édition de Tech&Bio en présence, entre autres, de Catherine Marcellin (Draaf Auvergne-Rhône-Alpes), Rémy Fabre (chambre régionale d'agriculture Auvergne-Rhône-Alpes), André Gilles ...

Organisateurs et partenaires du salon Tech&Bio ont présenté, le 21 juin à Alixan, la sixième édition de cet évènement professionnel, qui fête ses dix ans d'existence. Imaginé et lancé en 2007 par la chambre d'agriculture de la Drôme, Tech&Bio a pris de l'ampleur. Il s'affirme aujourd'hui comme une référence en matière de techniques bio et alternatives. Que l'on soit en agriculture conventionnelle ou bio, ce salon a pour but de donner à voir et comprendre les avancées en matière de techniques agricoles. En une décennie, la notoriété de Tech&Bio a grandi et son affluence avec. Cette année, 17 000 visiteurs et 300 exposants sont attendus à Bourg-lès-Valence. 120 démonstrations en plein champ et autant de conférences et ateliers sont prévues.

Moins ou plus du tout de phytos

La cinquième édition du Tech&Bio avait pour thème la préservation de l'eau. Baptisé « fil bleu », des exemples réussis d'économie d'eau et de protection des nappes phréatiques avaient été présentés. Cette année, les organisateurs ont choisi de dérouler un « fil vert ». Un parcours spécifique mettra en avant des techniques de diminution voire de suppression des produits phytosanitaires. « Il s'agit d'accompagner les agriculteurs vers des pratiques plus économes pour, au global, progresser et notamment faciliter le passage en bio des conventionnels », a expliqué Rémy Fabre, élu représentant la chambre régionale d'agriculture Auvergne-Rhône-Alpes. « Tech&Bio est un évènement important et incontournable pour notre région et le devenir de notre agriculture », a souligné Dominique Despras, conseiller régional chargé de l'agriculture biologique. Un mode de production qui, selon lui, nécessite de « changer de braquet » si la France veut rester leader en la matière. « Par l'échange et l'apport de techniques, Tech&Bio et son fil vert permettront de s'appuyer sur des expériences réussies pour réduire l'utilisation des produits phytosanitaires, a ajouté Catherine Marcellin, chef de service à la Draaf Auvergne-Rhône-Alpes. A la manière d'une ruche, la multitude des démonstrations et la présence d'experts, y compris internationaux, essaimeront des idées. » La représentante de l'Etat a aussi fait référence au deuxième programme Ecophyto (2016-2025), lequel prévoit de réduire de 25 % d'ici 2020 (et 50 % à l'horizon 2025) le recours aux produits phytosanitaires.

Des « Talents » mis en avant

Par ailleurs, et pour la troisième fois, sont mis à l'honneur des agriculteurs bio se démarquant par leurs résultats techniques, économiques et environnementaux. Baptisés « Talents Tech&Bio », ils sont quinze à avoir été sélectionnés cette année. Lors d'une table ronde organisée pendant le salon, ils témoigneront de leur parcours respectif et expliqueront les solutions mises en œuvre sur leurs exploitations. L'un des lauréats est Drômois, Sébastien Blache (voir encadré).
A trois mois de l'ouverture du Tech&Bio, les préparatifs vont bon train. « Pour notre lycée, c'est un grand "chamboule-tout", assure Maurice Chalayer, proviseur du Valentin. Et un formidable "plateau technique" pour les élèves et les étudiants. » D'ailleurs, certains d'entre eux (BTS APV, Bac STAV) ont participé à un challenge dans le cadre du projet agro-écologique de l'exploitation du lycée. Ils ont adapté et construit une bineuse-semoir afin d'effectuer des semis sous couvert de maïs. (lire L'Agriculture Drômoise du 25 mai). Le prototype sera en démonstration sur l'espace des grandes cultures du Tech&Bio.
Le Département est un partenaire historique de l'évènement. Pour son vice-président chargé de l'agriculture, André Gilles, « c'est un soutien évident puisque la Drôme est le premier département bio de France en nombre d'exploitations ». 
Christophe Ledoux

 

Tech&Bio 2017 / Des nouveautés
En plus des démonstrations en plein champs, conférences techniques, stands d'exposants et visites d'exploitations, d'autres nouveautés jalonneront le prochain salon Tech&Bio :
- parcours sur « l'approvisionnement local » dédié aux collectivités ;
- les Technovations, concours des meilleurs innovations en agriculture bio et alternatives, soumises au vote des visiteurs ; - exposition photos pour les dix ans de Tech&Bio ;
- pôle « Osez la bio » plus important (conversion, transformation, formation, installation) ;
- Un pôle élevage agrandit et restructuré avec sept espèces animales sur trois hectares.
Les 20 et 21 septembre à Bourg-lès-Valence, 17 000 visiteurs et 300 exposants sont attendus. 120 démonstrations en plein champ et autant de conférences et ateliers sont prévues. (photo archive)

 

Portrait / Sébastien Blache exploite une ferme à Montélier en s'appuyant sur les bénéfices de la biodiversité.

Sébastien Blache, un Talent Tech&Bio

Après l'obtention d'un BTS protection des végétaux au lycée agricole Le Valentin, Sébastien Blache entre à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) en tant qu'objecteur de conscience. Il y restera ensuite comme chargé de mission durant une vingtaine d'année. Passionné d'écologie, il reprend ses études et obtient dans ce domaine un DEA. En 2006, il s'installe sur les terres de son grand-père. Son projet consiste à mettre en pratique ses connaissances. Il s'appuie sur les bénéfices de la biodiversité cultivée et sauvage, sans jamais avoir recours aux produits phytosanitaires. Double-actif pendant plusieurs années, il exerce pleinement son activité d'agriculteur depuis l'an dernier.
Diversification
et autonomie
Son exploitation (La ferme du grand Laval), certifiée bio, compte 25 hectares (ha) dont 17 en fermage. Les productions sont extrêmement diversifiées : légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots…), oléoprotéagineux (colza, tournesol, cameline…), céréales (blé, avoine, orge en méteil). Le verger (pommiers, poiriers, abricotiers, pêchers, pruniers, figuiers…) est conduit en agroforesterie. S'ajoute un troupeau de 100 brebis mères, un élevage de 120 poules pondeuses ainsi que des ruches. « La biodiversité est le fondement de mon projet, explique-t-il. C'est un outil très technique, qui nécessite d'être bien formé. L'ensemble est en production fermière et tout fonctionne en autonomie alimentaire. »
Les produits sont commercialisés dans deux magasins de producteurs (Circuit court à Chabeuil et Colline Bio à Bourg-de-Péage) ainsi qu'à la ferme (via une Amap) et dans une épicerie sur Paris. Sébastien Blache travaille avec sa compagne (qui a le statut de conjointe collaboratrice). S'ajoute l'accueil d'une personne en contrat Cape (contrat d'appui au projet d'entreprise).
« Nous concrétisons l’envie de montrer qu’il est possible de produire sur une petite ferme et de vivre de ces activités très diversifiées tout en respectant et valorisant la nature », précise-t-il. Une nature qu'il souhaiterait voir enseignée « et non ignorée du système éducatif ». 
C. L.
Sébastien Blache, agriculteur à Montélier.
Mots clés : SALON TECH BIO LYCÉE AGRICOLE DU VALENTIN EDITION 2017 FIL VERT